Nous sommes confinés. Oui… mais pas tous. Dans un premier temps, nos autorités ont oublié les plus pauvres et parmi eux les SDF. Et encore… les SDF (sans domicile fixe) peuvent avoir un toit provisoire, mais les SD qui dorment dans la rue sont soumis à la triple peine : pas de chez soi, pas de passants pour une petite pièce de monnaie, pas de surveillance médicale. Oui, pendant le premier mois, ils n’existaient pas pour les instances gouvernementales et les associations caritatives comme le Secours Catholique devaient appliquer les règles du confinement de façon rigoureuse : suppression de toutes les activités, y compris les maraudes. L’équipe des maraudeurs du Secours Catholique a néanmoins fait des maraudes virtuelles en téléphonant régulièrement aux SDF dont nous avions les coordonnées. Puis les règles se sont un peu relâchées et nous avons pu reprendre des maraudes physiques avec une équipe très réduite de personnes volontaires, répondant à des critères stricts et munies de dérogations validées par l’association. De son côté, l’Etat a permis de distribuer un peu d’argent sous forme de chèques-service aux personnes sans ressource et, par une circulaire aux préfets, de permettre de négocier des chambres d’hôtel à moindre coût. Démarche qui n’a pas encore abouti.

Cette période difficile doit être l’occasion pour nous de témoigner de notre fraternité en privilégiant les plus petits et les plus pauvres. A nous d’inventer les occasions de la vivre…

Philippe Roberge